l’évaluation de la lecture (avec ou sans outils !)

... en relation avec les interventions PMS
(CEF 20 février 2003)

Jacques Grégoire signale "les limites d’une évaluation purement normative qui se borne à quantifier les performances en lecture"
(dans les conclusions du livre "Evaluer les troubles de la lecture" De Boeck, Questions de personne, 1994, ouvrage collectif sous la direction de J. Grégoire" p. 249).

"Une telle évaluation reste à la surface du comportement de lecture et ne procure que des informations diagnostiques limitées. au contraire, une véritable compréhension des problèmes de lecture suppose qu’on s’intéresse aux capacités cognitives sous-jacentes au performances ainsi qu’on leurs interactions. Le point de vue se déplace dès lors du niveau de la performance à celui de la compétence."

On n’en est plus à une évaluation en terme de stades de développement :
"...plusieurs auteurs constatent que l’apprentissage de la lecture ne prend pas la forme d’un développement linéaire où nous pourrions repérer une suite de capacités parfaitement hiérarchisées. Cette observation limite l’intérêt d’une évaluation en termes de stade de développement, pourtant très séduisante au premier abord. Au contraire, il semble que nous ayons affaire à une évolution où sont à l’œuvre des actions réciproques entre capacités.(p. 250)

Autre conclusion de Jacques Grégoire :"Par delà les typologies, l’attention portée aux différences individuelles est à l’origine de l’éclatement du concept de dyslexie. Coller, sans plus, l’étiquette de "dyslexique" sur un enfant à l’issue d’un examen diagnostique n’est plus aujourd’hui admissible. La prise en compte de la spécificité du trouble de chaque sujet apparaît au contraire comme une nécessité pour une prise en charge efficace. (ibidem, p. 251)

Aurions-nous besoin d’outils d’analyse qui permettent d’entrer dans la compréhension d’où en est un enfant dans ses apprentissages ? de comment il procède ?

le but de toute évaluation est de décider. Cette décision peut concerner l’orientation du sujet (évaluation pronostique) et/ou la prise en charge et la remédiation (évaluation diagnostique). Dans tous les cas, l’évaluation va engager peu ou prou l’avenir d’une personne. (J. Grégoire, ibidem)

extraits de la conclusion de l’ouvrage "Evaluer les troubles de la lecture", DeBoeck, Questions de personne, 1994, ouvrage collectif sous la direction de Jacques Grégoire.