LE MIRACLE ELEMENTAIRE

Atelier animé à Vauluisant, en mai 2013, à l’occasion d’une rencontre du Réseau pédagogique Marie Pré (mandala - dessin centré)

Atelier destiné à nous aider à trouver notre juste place, utile dans l’éco-système, trouver sa "niche écologique".

Dispositif inspiré de Joanna Macy


• Introduction de l’atelier :

Deux principes du "nouveau paradigme" (cf. la sensibilité jaune de la spirale dynamique)
- la vie n’est pas tant composée d’entités séparées que de "relations" entre elles.
(Exemple de l’exercice sur l’énergie de groupe (Gilles Roy) : les bras en croix, on se croise et on se soutient mutuellement ; la force du soutien ne vient pas des personnes mais de l’inter-relation).
- ces relations sont continuellement en train de s’auto-organiser.
- comment pouvons-nous obtenir ce changement de perception ?
- Quel impact peut avoir ce changement de perception sur notre "juste place" ?

• Illustration par le "Jeu des systèmes"

1. Quatre questions - quelques minutes de réflexion et partage par deux :
1) Comment va la planète ?
2) De quoi a besoin le monde ?
3) Ce qui me donne de l’espoir ?
4) Et moi dans tout cela ? (quelle est ma part ?)

Quelques minutes de méditation puis partage par deux.

2. le Jeu des Systèmes
- Rappel des deux principes d’une "nouvelle vision".
- Consignes :
"L’animateur donne ensuite deux instructions. La première est « Sélectionnez mentalement deux autres personnes dans le groupe, sans indiquer qui vous avez choisi Il. La seconde est Déplacez-vous de façon à maintenir à tout moment une distance égale entre vous et chacune de ces deux autres personnes. Cela, comme l’animateur l’explique, ne signifie pas rester simplement a mi-chemin entre les deux autres (cela devient clair lorsqu’on commence).
- Après, partage rapide et questions.

  • qu’avez-vous expérimenté ? Est-ce un système ouvert ou fermé ? (ouvert, car entrée d’énergie-matière et d’informations qui viennent influencer le système)
  • des personnes venant de l’extérieur pourrait-elle détecter et comprendre ce qui se passe ?
  • quel feed-back nous a permis de remplir notre tâche ? (aurait-on pu le faire les yeux fermés ?)
  • quelqu’un aurait-il pu organiser le processus de l’extérieur ? (algorythme très complexe, même pour un programme informatique !)
    En essayant de comprendre les formes de vie, les biologistes ont découvert des systèmes auto-organisés, des systèmes si complexes qu’ils ne peuvent que s’auto-organiser de l’intérieur.

• Chacun reçoit le texte (1 page, voir en annexe) "Le miracle élémentaire : notre vraie nature et notre vrai pouvoir".
Lecture, souligner...
(alternative de type Education Nouvelle : on pourrait aussi faire un schéma centré avec les phrases et mots clés, mettre au centre ce qui nous parait l’essentiel. Puis, en petits groupes de discussion, partage des mots clés, des similitudes et des différences, éventuellement réalisation d’une affiche, ou un schéma collectif).

• Promenade dans le parc et

• Réalisation d’un mandala.

• Analyse réflexive, évaluation de la démarche :

- Partage à propos de la réalisation du mandala et le vécu de chacun aux différentes étapes,
- Réflexions sur le thème, idées forces ou parti-pris,
- Feed-back sur le dispositif et l’animation.

Ma juste place, ma contribution de "colibri" :
- implications éducatives (neuro-pédagogie)
- implications créatives, artistiques,
- implications sur la santé (guérison personnelle et guérison de la planète), le social, l’écologique...

Doc annexes :
- Quatre questions
- Le miracle élémentaire
- Consignes pour le jeu des systèmes
- Processus de guérison (Carly)
- Mandala et bouddhisme
- Niche écologique

Alternative
Commencer le processus de guérison par la gratitude. (Avoir un texte)

* "Ecopsychologie pratique et rituel pour la Terre, Retrouver un lien vivant avec la nature", Joanna Macy, Le souffle d’or, 2008


ANNEXES

- "Le miracle élémentaire, notre vraie nature et notre vrai pouvoir" distribué lors de l’atelier.
- "Notre niche écologique"

1- LE MIRACLE ÉLÉMENTAIRE, notre vraie nature et notre vrai pouvoir" distribué lors de l’atelier.

Pour ceux d’entre nous qui ont grandi dans la Société de croissance industrielle, la vision de la réalité qui nous frappe maintenant est d’une nouveauté stupéfiante.
Au sein de la "civilisation occidentale", nous avons lutté pour maîtriser le monde naturel autour de nous. Nous avons étudié la Terre et le cosmos, tentant de découvrir les blocs de construction essentiels de la vie que nous pourrions manipuler pour en faire des mécanismes plus efficaces qui répondent à nos désirs et à nos besoins. Nous avons agi comme si nous pouvions connaître et contrôler le monde de l’extérieur, comme si nous en étions dissociés.
Nous en sommes venus à penser que nous étions faits d’une matière meilleure que les animaux, les plantes, les roches et l’eau autour de nous. Et nos technologies des derniers siècles ont amplifié de façon désastreuse les conséquences écologiques de cette hypothèse.
Nous nous éveillons aujourd’hui à un nouveau type de connaissance, une compréhension de plus en plus développée de notre interdépendance radicale avec toute chose dans l’univers.
Au lieu de chercher les blocs de construction de base, des chercheurs ont adopté une nouvelle approche : ils ont commencé à observer le "tout" au lieu des parties, les processus au lieu des substances. Ils ont découvert qu’un "tout" - qu’il s’agisse d’une cellule, d’un corps, d’un écosystème ou même de la planète - n’était pas seulement un amas de parties disjointes mais un "système" organisé de façon dynamique et en équilibre complexe, interdépendant des autres dans chaque mouvement, chaque fonction, chaque échange d’énergie et d’information. Ils ont observé que chaque élément faisait partie d’un motif plus vaste, un système qui se connecte et évolue selon des principes discernables.
Il s’agit de la plus importante révolution cognitive de notre temps, de la physique à la psychologie. La vision mécaniste de la réalité avait érigé des dichotomies, séparant la matière des processus, le soi de l’autre, la pensée des sentiments.
Dans la perspective systémique, ces dichotomies ne tiennent plus. Ce qui apparaissait comme des entités séparées et autonomes est maintenant vu comme interdépendant.
En tant que systèmes, nous participons à la toile évolutive de la vie et nous tissons notre monde en une toile vivante qui forme notre demeure qu’il ne tient qu’à nous de perpétuer.
Le changement commencerait, presque imperceptiblement, à émerger dans des comportements inattendus, il se manifesterait dans une profusion imprévisible d’actions spontanées, quand des personnes abandonneraient leur confort privé, donnant du temps et prenant des risques au nom de la Terre et de sa progéniture. Il inclurait tous les espoirs et les changements qui concrétisent chaque dimension de la "Transition". Et, étant donné la dynamique des systèmes auto-organisés, il est probable qu’en réfléchissant et en agissant ensemble, nous nous trouverions bientôt en train de répondre à la crise actuelle avec une confiance et une précision beaucoup plus grandes que ce que nous avions cru possible.

Joanna MACY, Ecopsychologie pratique (extraits du chap. 3)
"Ecopsychologie pratique et rituel pour la Terre, Retrouver un lien vivant avec la nature", Joanna Macy, Le souffle d’or, 2008


2- NOTRE NICHE ECOLOGIQUE

"Concevoir des lieux de vie humaine qui s’inscrivent dans les écosystèmes qui les entourent", c’est maintenant, d’après Bernard Alonso, une nouvelle façon de définir la permaculture. Celle-ci quitte le jardin pour devenir une clé d’organisation sociale. Du savoir-faire au savoir-être, elle devient un savoir-vivre.
Elle propose une culture humaine épanouie, en lien avec sa place dans la nature.
Par l’éducation active, la permaculture rend cette approche accessible à tous. L’intention est qu’on puisse réapprendre à observer les cycles naturels et les relations existantes entre chaque élément dans son environnement. Le but est de se laisser inspirer par ces processus naturels pour recréer des milieux de vie abondants dans le respect des tous les êtres impliqués.

Bernard Alonso, en se référant à la permaculture, et en constatant les relations des êtres autour de nous, nous incite à percevoir que l’être humain est lui-même un écosystème en interrelation. L’humain, en tant qu’écosystème naturel, a besoin pour vivre d’interagir constamment avec les autres êtres humains et avec les autres systèmes vivants qui l’entourent.

Chacun peut trouver, par l’auto-observation, sa place dans son écosystème : les lieux et activités où il s’épanouit le mieux. Pour un groupe, trouver sa niche, c’est trouver la fonction du groupe et les besoins qui y sont rattachés, puisqu’un groupe, c’est un écosystème interrelationnel.

Cela permet à chacun de trouver sa place et le rôle qu’il a à jouer en vue de s’accepter et d’interagir pour vivre ensemble.

« Trouver sa niche », en fonction de ce que nous sommes, de nos aptitudes et aspirations, c’est identifier notre juste place. Se relier, vivre et créer ensemble, entreprendre : ce sont de nouveaux modes de gouvernance et d’échanges à inventer.

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