Introduction - Oser le corps à l’école…

Les aspects dynamiques et en constante évolution de l’intelligence semblent toujours difficiles à intégrer dans le quotidien de l’école. Notre système scolaire est encore massivement enfermé dans une logique de reproduction, de transmission de savoir, de remplissage de cerveaux (…) alors que l’éducation multi-sensorielle, les activités artistiques et les approches créatives et interdisciplinaires des matières scolaires, la gestion mentale, les schémas heuristiques, les démarches de l’Éducation Nouvelle ou du constructivisme davantage centrés sur les processus d’auto-socio-construction des savoirs que sur la transmission des connaissances sont encore mal venues, sinon mal vues à l’école.
Les conditions d’optimisation du fonctionnement du cerveau, pourtant bien connues : irrigation, oxygène, alimentation, lumière naturelle (neuromélanine), ionisation (sérotonine), affectivité positive (valorisation et non-jugement), posture d’écoute, alternance activité-repos...) sont toujours ignorées ou non prises en compte, à part le "tiens-toi droit" de nos grand mères.
L’aménagement des locaux, leur acoustique et leur éclairage, la hauteur et l’inclinaison des tables et des sièges sont le plus souvent négligés par les architectes et les responsables scolaires. Les rythmes biologiques - tant ceux de la journée que ceux des trimestres - sont bafoués au nom d’impératifs économiques, touristiques ou simplement de facilité des adultes : les transports scolaires, par exemple, imposent leur propre timing à la pédagogie.

Les habitudes et les rigidités imposées par l’administration (dans un louable souci d’harmonisation et par peur des dérapages) enferment les enseignants dynamiques qui souhaitent solliciter l’intelligence et la créativité de leurs élèves et les confronter à de réels défis cognitifs en les frottant aux réalités qui les entourent. (que de papiers pour une sortie de classe, une "semaine d’écriture" hors école, une visite de musée ou un échange de classe à l’étranger !).

C’est ce que j’écrivais il y a près de 15 ans dans un “Manifeste pour une école de l’intelligence”. Je trouve bien dommage que ce texte reste encore autant aujourd’hui d’actualité.
C’est un peu comme si, disposant de dix doigts, on se contentait de n’utiliser que l’index.

Il faut dire que la difficulté de l’école à prendre en compte tout ce qui n’est pas “cérébral” (partie traitement rationnel du cerveau) ne date pas d’hier.
Pour la suite, lire ici un petit survol historique