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Dix propositions pour S’ORIENTER dans un système désorienté
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Voici le père de famille tiraillé entre deux visions. D’une part, comme il veut le meilleur pour son fils, il souhaite un enseignement actif, concret, inductif, intuitif, créatif, ouvert sur l’art et le sport, un vrai enseignement alternatif. D’autre part, comme il veut que son fils ait toutes les chances d’un choix d’orientation le plus large possible, il lui faut choisir la filière la plus générale et abstraite qui soit, là où c’est le plus dur, bref la plus "élitiste", la plus compétitive, au risque de voir s’étioler toute sa richesse créative, se rétrécir l’éventail de ses "intelligences multiples" et... se refermer son sens de l’entraide et de la solidarité... Cruel dilemme !

Quelques notes de synthèse de l’atelier ORIENTATION au Sixième FORUM ÉDUCATION d’Ecolo (16 nov. 2001)

1. Les décisions d’orientation se prennent structurellement à la fin du premier degré de l’enseignement secondaire. Ces décisions sont prises majoritairement par les enseignants de deuxième secondaire sur la seule base des compétences (en tenant compte d’éléments soi-disant cognitifs), ce qui revient en fait à un choix sur base des incompétences.

Or, en fait, cette orientation de fin de seconde est préparée en amont de façon informelle, dès l’école maternelle, par des "pré-décisions", et se prolonge de façon tout aussi informelle dans les différentes filières du secondaire.
Le travail sur le projet personnel ne change rien à cette logique.
Question : qu’est-ce qui légitime que ce soit seulement les professeurs de seconde (et en particulier les professeurs de math. et de français) qui prennent les décisions sur l’orientation des élèves ?

2. La hiérarchie des filières est plus complexe qu’il n’y parait : il y a des techniques de qualifications qui sont aussi réputées que certaines options générales.
Cette hiérarchie est historiquement construite, mais néanmoins considérée comme évidente, et intégrée par les familles et les employeurs, qui vont s’y conformer. On n’exige plus de l’enseignement général qu’il fasse la preuve de sa supériorité sur l’enseignement technique.

Entre 1987 et 1997, les familles ont massivement fui le professionnel : le choix de la 2ème professionnelle est tombé de 27 à 13 %. Le processus de sélection est reporté au cours du 2ème degré.
L’orientation est liée à l’origine sociale. "A retard scolaire égal, les milieux défavorisés choisissent plutôt les filières dévalorisées." (B. Delvaux).

Il faudrait pouvoir tenir les deux bouts de l’alternative : à la fois donner les moyens aux élèves des milieux défavorisés de se conformer aux critères du système, ET changer les critères du système.

3. Question de l’enseignement du fondement :
"dégénéraliser" mais en même temps se centrer sur l’ouverture maximum aux différentes filières.

4. Pratiquement les familles poussent à rester en enseignement général pour avoir un éventail plus grand de choix.
Des options qualifiantes fortes n’existent pas.
On peut se demander pourquoi !

5. Le ministre Hazette souhaite revaloriser les filières de qualification. Pour lui, il n’est pas question de toucher au général, qui semble un sanctuaire !
L’alternative serait de remettre aussi en question le sanctuaire de l’enseignement général et envisager un redécoupage du général.
Ne pourrait-on imaginer différentes filières du général, non plus hiérarchisées mais décomposées en différentes trajectoires selon les stratégies d’appropriation. Rééquilibrer les différents dispositifs d’apprentissage et envisager des parcours différenciés selon les modes de fonctionnement de l’intelligence ?

6. Il semble y avoir confusion entre filières hiérarchisées et durées d’apprentissage, temps individuels de maturation. La hiérarchie des filières est basée sur la rapidité de maturation. Ce qui est totalement injustifié. Or cette hiérarchie est qualifiée de "naturelle", ce qui lui donne un semblant de justification.

7. "Quand on est bon élève, on n’a pas besoin d’avoir des projets d’avenir. C’est seulement quand on n’est pas bon qu’on doit savoir très vite ce qu’on veut faire plus tard, avoir un projet."

On a à faire avec une conception résiduelle : ne restent dans le tronc commun que ceux qui ne se sont pas encore fixé un choix d’orientation.

On parle d’option ouverte et de 3ème année de maturation, de "deuxième branche" dont on a enlevé les options.

Ne risque-t-on pas d’assister à un rapprochement des filières alors que les populations se différencient ?

8. Dans les pays nordiques, l’enseignement du fondement (commun) va jusqu’à 16 ans. Quel en est le résultat sous l’angle des inégalités sociales ?
Il vaut mieux organiser des filières différentes basées sur les personnalités et les déterminants socio-culturels et non pas sur la réussite ou le projet professionnel.
Il faut multiplier les passerelles, les moments de choix, assouplir ce système extrêmement rigide, "amidonné".

9. Une approche intéressante semble être de revaloriser les filières par le haut : les cours techniques à l’université vont peut-être modifier les idées (et les pratiques) dans l’enseignement secondaire.

On va peut-être enfin cesser de confondre contenu et méthode d’apprentissage. On peut enseigner des cours abstraits par des méthodes actives. Il y a des formations générales qui sont concrètes et d’autres qui sont abstraites et également des formations techniques qui sont concrètes et d’autres qui sont abstraites.

10. Et pour finir, voici le père de famille tiraillé entre deux visions.
D’une part, comme il veut le meilleur pour son fils, il souhaite un enseignement actif, concret, inductif, intuitif, créatif, ouvert sur l’art et le sport, un vrai enseignement alternatif. D’autre part, comme il veut que son fils ait toutes les chances d’un choix d’orientation le plus large possible, il lui faut choisir la filière la plus générale et abstraite qui soit, là où c’est le plus dur, bref la plus "élitiste", la plus compétitive, au risque de voir s’étioler toute sa richesse créative, se rétrécir l’éventail de ses "intelligences multiples" et... se refermer son sens de l’entraide et de la solidarité... Cruel dilemme !

M. Simonis