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EXTRAITS DES ”DELICE DE TOKIO”

Extraits de pages photocopiées et soulignées, trouvées dans les documents de Brigitte.

Les alentours luisaient d’un bleu pâle sous le clair
de lune, et les arbres se balançaient, comme animés
d’une volonté propre. Sur ce sentier dans la forêt, j’étais
vraiment seule face à la lune.
Comme elle est belle, pensai-je. Fascinée, j’en oubliai
même que je luttais contre une maladie terrible (la lèpre) et que
je ne pouvais pas sortir de cette enceinte.
Et alors, il m’a vraiment semblé l’entendre. J’ai eu
l’impression que la lune s’adressait à moi dans un mur-
mure.
Je voulais que tu me voies.
C’est pour cela que je brille.
Dès lors, tout m’est apparu sous un nouveau jour.
Sans moi, cette pleine lune n’existait pas. Les arbres
non plus. Ni le vent. Sans le regard que j’étais, toutes
les choses que je voyais disparaîtraient. C’était tout
simple.
Et si ni moi ni les humains n’existions, qu’en serait-il ?
Pas seulement les humains, si le monde était privé
de tous les êtres doués d’émotion, qu’en serait-il ?
Ce monde quasiment infini disparaîtrait entièrement.
Vous me trouvez peut-être mégalomane, patron.
Mais cette façon de penser m’a transformée.
Nous sommes nés pour regarder ce monde, pour
l’écouter. C’est tout ce qu’il demande. Et donc, même
si je ne pouvais pas devenir professeur, ni travailler,
ma venue au monde avait un sens.
Comme j’avais guéri relativement rapidement, j’ai pu
sortir sans trop me préoccuper de mes séquelles. J’ai
pu travailler chez Doraharu, aussi. l’ai vraiment eu de
la chance.
Mais de par le monde, il y a aussi des enfants dont
la vie s’achève au bout d’à peine deux années. Alors,
dans le chagrin, chacun s’interroge sur le sens de la
naissance de cet enfant.
Maintenant, je sais. C’est sûrement pour qu’il puisse
ressentir, à sa manière, le ciel, le vent et les mots. Le
monde naît de la perception de cet enfant. Donc, la
naissance de l’enfant aussi a bien un sens.
De la même façon, la naissance d’un être comme mon
mari, qui a passé la majeure partie de son existence à
lutter contre la maladie et qui, vu de l’extérieur, a dû partir
en gardant ses regrets, a aussi un sens. Puisqu’au cours de sa vie,
il a perçu le ciel et le vent.
Il ne s’agit pas seulement des victimes de la maladie de Hansen,
je suis certaine que tout le monde se demande un jour si sa vie a un sens.
Pour ce qui est de la réponse... notre vie a un sens,
je le sais parfaitement aujourd’hui.
(...)
Pour vous aussi, bien entendu, la vie a un sens.
La phase douloureuse derrière les barreaux, la rencontre avec
les dorayaki, tout a un sens, à mon avis.
A travers toutes ces circonstances, vous vivez de la facon
qui est la vôtre. Et un jour sans doute viendra où vous
pourrez dire, ça, c’est ma vie. Même si vous ne devenez pas écrivain,
ni artisan spécialisé dans les dorayaki,
le jour viendra où vous vous trouverez, où vous serez vous-même.