Ce qu’on appelle le spirituel est une dimension naturelle de notre existence consciente, malheureusement trop souvent oubliée.
(Jean ONIMUS, écrivain)
’’La spiritualité, j’en relève la trace en toute poésie authentique, toute œuvre d’art, toute musique, tout ce qui me touche et me pénètre ; elle peut commencer par un instant de recueillement autour d’un parfum, d’une saveur, d’une forme, pure et caressante : c’est le "spissitudo spiritualis" dont ont parlé certains mystiques. Ceux-là avaient ressenti à quel point le spirituel est spontané, naturel, voire sensuel ( délicat et délicieux). Une impression de profondeur et de véritable plénitude, dont nous prive l’expérience plate et continue de la prose. ( ... ) La vie spirituelle n’a pas besoin de longues haltes, de périodes régulières de méditation dans le silence et l’isolement ; elle est compatible avec une existence active bourrée de projets et de soucis : il suffit, en pleine action, d’accueillir des éclairs d’émerveillement, de reconnaissance pour le simple bonheur d’être là. Cela épaissit la présence à soi et au monde, cela ajoute aux fonctionnements mécaniques et intellectuels une dimension plus secrète et personnelle. La profondeur, qu’est-ce donc ? C’est ce qui nous apporte une conscience ouverte et exigeante : une conscience totale. Il ne s’agit que d’être pleinement homme. Non pas un ajout, un supplément d’âme, mais une existence vraiment lucide et consciente : la vie humaine tout simplement, mais dans sa totalité. "
Jean ONIMUS, écrivain, "Les bases du spirituel", dans "RELIURES", n°3, automne-hiver 1999-2000, p.9.
