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Témoignage de Caroline
lors de la cérémonie d’hommage à Brigitte le 21 mars 2026

Témoignage de Caroline à la suite du rituel des bougies (aspect maternel de Brigitte)

Je prends la parole pour vous raconter quelle fabuleuse grand-mère était Mamita, avec mes yeux d’enfant qui l’adorait, d’ado qui l’admirait et d’adulte qui regarde maintenant en arrière sur tout ça et comprend combien les activités qu’on faisait avec elles avaient un sens.

J’ai plein de bribes de souvenir de balades, de bricolages avec des feuilles d’arbre ou de collages, une comptine qu’elle a inventée pour nous. Mais le premier vrai souvenir que j’ai de Mamita, je devais avec 7-8 ans et Nicolas 4 ou 5. Petit, il avait très peur du noir. Un après-midi qu’on passait à Meux avec Mamita, on est descendus tous les 3 à la cave et on s’est assis sur le casier de lait avec une lampe de poche. Je ne sais plus comment elle avait amené ce petit défi, mais Nicolas avait cet air déterminé qu’il peut avoir, encore maintenant, quand on lui lance un défi, l’air de dire « Ah, tu penses que je ne vais pas y arriver… tu vas voir, tiens  » 😉 On s’est serrés les uns contre les autres, tenu la main, et Mamita a éteint la lumière. Et on a discuté de tout à fait autre chose, elle a fait des plaisanteries, jusqu’à ce qu’on soit tous les deux détendus.

Elle avait vraiment cette capacité à nous apprendre des choses, de grandes leçons de vie, sans en avoir l’air, en en faisant un jeu. Par exemple, elle m’a appris que si on veut tout contrôler dans la vie, on n’en découvrira jamais les merveilles. Comment ? Elle nous emmenait en balade le mercredi après-midi, où le but était de se perdre, choisir des chemins qu’on ne connaît pas, pour découvrir ce qu’ils avaient à cacher. Et si on ne retrouve pas le chemin de la maison ? « On revient sur nos pas » nous disait-elle joyeusement, « le seul risque est d’arriver en retard ». Et elle finissait par « C’est en se perdant qu’on découvre les merveilles du monde ».

Plus j’ai grandi, plus sa manière de m’accompagner s’est transformée vers une écoute et une acceptation inconditionnelle. Ou plutôt, ça l’a toujours été mais je le voyais et le comprenais mieux. Comme quand elle nous a emmené en virée décorations faites nous-même pour nos nouvelles chambres chez Papa et nous aider à nous les approprier.

Pendant mes études, je faisais souvent mes blocus chez Papy et Mamita. Ça me permettait d’étudier dans le calme, sans la tentation d’un petit frère en vacances, mais en ayant de la compagnie. Mamita était toujours là pour discuter quand je prenais une pause, des cours que j’étais en train de faire rentrer dans mon crâne, ou de tout à fait autre chose. Elle me tirait dehors pour une balade après le dîner, en disant que je devais quand même bouger un peu et m’aérer les méninges. Et puis, pendant ces périodes, on avait des grandes conversations sur ma vie, elle m’aidait à voir les choses avec plus de distance, un autre point de vue. J’avais vraiment le sentiment que je pouvais tout dire à Mamita, elle avait toujours une réponse pertinente pour m’aider sans jamais juger.

Je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui sans les grands principes qu’elle m’a transmis, sans en avoir l’air, à force de petites remarques pleines d’humour, d’activités savamment orientées et de support toujours inconditionnel, parfois subtil mais sans jamais de pression.

Mamita, par cette influence bienveillante, tu continues à vivre en moi, en Nicolas, en Chloé, en Mirai, en tes enfants, en Papy, et en toutes les autres personnes qui ont eu la chance de recevoir tout l’amour que tu avais à donner.