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Quand nous serons très vieux

Voici un texte magnifique écrit par Brigitte. Il nous permet de découvrir le regard qu’elle portait sur la vie, et sur la mort.
Elle y parle du vieillissement, de la perte d’autonomie, de l’agonie et du grand passage. Elle y exprime la relation étroite entre la venue au monde et le grand départ qu’est la mort. Elle nous donne à voir sa croyance personnelle en une autre vie.

Quand nous serons très vieux, sauf exceptions, nous ne ”ferons” plus. Nous serons seulement. C’est-à-dire nous ne serons plus en fonction de nos actes, de notre agir, de notre impact, de notre maîtrise d’une activité ; seulement nous serons. Et nous serons seul, sans cette activité, sans les autres.
Il nous faudra assumer ce être et ce seulement. Non pas tant assumer bon gré mal gré, mais vivre, nous nourrir et resplendir de ce être et seulement être.

Que ce être seulement et être seul ne soit pas une chute, une dégringolade, ni un abandon, mais un isolement, dans l’amertume et l’impuissance solitude.

De même qu’à nos premiers instants de vie utérine et extra utérine, nous serons à nouveau dans un grand besoin des autres. Sauf exception, un grand besoin primal de contacts, d’attention, de protection, de nourriture et de chaleur. Ça ne sera pas une régression. Bien au contraire, ce sera une certaine involution, recentration vers l’origine de notre vie, mais dans une spirale montante, un cran plus haut qu’à notre venue sur terre.

Nous nous dénuderons progressivement de tout encombrement. Nous serons de plus en plus épuré, de plus en plus proche de notre noyau lumineux originel, de l’axe lumineux de la vie originelle d’où nous sommes détaché pour nous incarner.
Nous rejoindrons l’axe. Nous fusionnerons, à nouveau, nous oublierons peut-être toute notre aventure, nais un jour, plus loin, une nouvelle vie naîtra de cet axe. Croire que ce sera une ré-incarnation de nous ou non, je ne sais pas.

J’ai entendu le Dalaï-Lama à ce sujet.
Ce que j’ai compris c’est qu’après la mort, quelque chose de nous rejoint un grand tout, oublie totalement ce que nous avons été (se recycle ?) et puis seulement renaît à la vie terrestre.
Je ne sais pas.

Ce que je pense, c’est qu’il nous faut rejoindre cet axe de vie, étant le plus pur, le plus dépouillé possible. Qu’aucune cendre, aucun déchet, aucun cadeau empoisonné ne viennent tourbillonner autour, ne vienne s’attacher indument à la nouvelle vie qui jaillira après nous, dans notre clan ou dans un autre.
Et nous, en attendant cette heure du retour un cran plus haut étant dans notre être seulement, dans notre être seul pour la grande désincarnation, nous aurons besoin des autres, comme nous avons eu besoin de deux personnes mâle et femelle pour la grande intégration-incarnation.

Nous aurons besoin, à un niveau symbolique et réel, du même entourage qu’une première cellule, qu’un foetus, qu’un nouveau-né, dans notre chemin comme inversé.
Ce que nous avons donné à nos enfants, nous aurons besoin de le recevoir. D’autres peut-être nous le donnerons, de manière symbolique ou réelle, dans l’amour ou seulement dans le cadre d’un contrat de travail.

Il est peut-être dans la logique des choses que nos propres enfants deviennent des accompagnateurs privilégiés pour nous amener au seuil de la Vie.
Pas tant dans le quotidien des soins que dans l’enveloppement de l’amour. Si je tisse une certaine qualité d’amour, d’être, de présence à mes enfants - plutôt si nous tissons ensemble, mes enfants, mes petits-enfants, mon conjoint et moi, une ouverture de présence et d’amour, chaude et solide entre nous, disponible et non étouffante, même usée par la vie, même rangée dans une housse, même un peu trouée et effilochée par les accidents de parcours, cette sorte de doudou familial pourra me tenir chaud, me rassurer comme un bébé rassuré par l’odeur de sa mère sur un petit foulard, m’accompagner jusqu’au moment du grand bond en avant.