Rudolf STEINER. La gymnastique dans les écoles Steiner-Waldorf

Une civilisation de gens assis (repris dans un de mes "pavés")

“Nous nous retrouvons de plus en plus dans une situation où nous pratiquons des activités de mouvement correspondant non pas à un besoin social (comme c’est le cas dans un travail manuel) ni à une volonté d’activité artistique qui aurait un but mais à un pur besoin physique. Cela nous fait toucher un problème dont la portée n’est pas facile à mesurer. Car notre activité volontaire se vide en quelque sorte d’ « âme ».”

A côté de l’eurythmie se pratique, dans la plupart des écoles Waldorf, une gymnastique particulière. C’est le comte Fritz von Bothmer (1883- 1941 ), professeur de gymnastique à la première école Waldorf qui a élaboré, à la demande de Rudolf Steiner, un système d’exercices gymniques qui ont pour but de faire vivre l’espace de façon approfondie et de cultiver les forces de volonté.

Un système d’exercices progressifs

On met par - exemple en scène des activités artisanales ou des mouvements d’animaux. Les obstacles à surmonter, représentés par les divers agrès, se transforment en paysages pleins d’aventures où il faut mener des actions de secours.

A partir de la sixième classe, il importe de lutter de plus en plus avec les forces de la pesanteur qui se font sentir maintenant. Il faut activer et maîtriser la mécanique du squelette et des tendons, concentrer sa force et sa résolution pour faire face aux risques et aux épreuves. La volonté intervient de manière de plus en plus consciente dans les élans et les sauts pour arriver à maîtriser avec dynamisme le balancement entre le sentiment d’espace et celui de la pesanteur.
Dans les classes supérieures, l’athlétisme, la gymnastique, les jeux de ballon et la course, comme les exercices aux agrès classiques, ont tous pour but de permettre au jeune d’arriver petit à petit à une harmonie consciente entre la pesanteur et la légèreté, et entre ses propres objectifs et ceux posés à l’ensemble d’une classe. Dans cette matière le seul fait que garçons et filles se trouvent réunis dans les classes incite à différencier les objectifs permettant une individualisation qui aura une importance croissante. Si l’enseignement du sport est structuré de cette façon, il permet aussi de développer l’estime pour les qualités des autres, l’attention face à leurs faiblesses et l’entraide. L’ensemble de tous constituant la société, tous étant des éléments sociaux.

Si nous réussissons à conduire le jeune à ce qu’il recherche moins la victoire dans la compétition que la joie de voir arriver chacun à la limite de ses capacités, l’assurance dans le mouvement et dans l’espace, un renforcement sain de la volonté et du pouvoir de décision, un comportement social « fair-play » et attentif, alors un but essentiel de cet enseignement est atteint.

Dans les classes supérieures, l’athlétisme, la gymnastique, les jeux de ballon et la course, comme les exercices aux agrès classiques, ont tous pour but de permettre au jeune d’arriver petit à petit à une harmonie consciente entre la pesanteur et la légèreté, et entre ses propres objectifs et ceux posés à l’ensemble d’une classe. Dans cette matière le seul fait que garçons et filles se trouvent réunis dans les classes incite à différencier les objectifs permettant une individualisation qui aura une importance croissante. Si l’enseignement du sport est structuré de cette façon, il permet aussi de développer l’estime pour les qualités des autres, l’attention face à leurs faiblesses et l’entraide.

“Ainsi le comte Bothmer avait réussi à faire de la gymnastique un vrai rnoyen d’éducation : la formation du corps et l’éveil de la conscience ont toujours été liés dans ces exercices”. (Rudolf Braumiller).


In "Eduquer vers la liberté, la pédagogie de Rudolf Steiner dans le mouvement international des écoles Waldorf, Frans Carlgren avec Arne Klingborg," Les trois arches, Chatou, 1992, p. 81-82.


Nous nous retrouvons de plus en plus dans une situation où nous pratiquons des activités de mouvement correspondant non pas à un besoin social (comme c’est le cas dans un travail manuel) ni à une volonté d’activité artistique qui aurait un but mais à un pur besoin physique. Cela nous fait toucher un problème dont la portée n’est pas facile à mesurer. Car notre activité volontaire se vide en quelque sorte d’ « âme ».

A côté de l’eurythmie se pratique, dans la plupart des écoles Waldorf, une gymnastique particulière. C’est le comte Fritz von Bothmer (1883- 1941 ), professeur de gymnastique à la première école Waldorf qui a élaboré, à la demande de Rudolf Steiner, un système d’exercices gymniques qui ont pour but de faire vivre l’espace de façon approfondie et de cultiver les forces de volonté.

Un système d’exercices progressifs

L’enseignement du sport proprement dit commence en troisième année scolaire. après les jeux rythmiques et les rondes des premières classes. Le caractère propre à cet âge réclame pendant trois ans des pratiques libres et heureuses sur les agrès, dans les jeux et les exercices d’adresse. Le professeur de gymnastique aura soin d’inciter les enfants à se lier avec cœur et imagination à ces exercices pour qu’ils ne restent pas uniquement une activité corporelle ou de compétition. On met par - exemple en scène des activités artisanales ou des mouvements d’animaux. Les obstacles à surmonter, représentés par les divers agrès, se transforment en paysages pleins d’aventures où il faut mener des actions de secours. On active le jeu des muscles et la circulation du sang avec courage, fraîcheur et légèreté.

A partir de la sixième classe, il importe de lutter de plus en plus avec les forces de la pesanteur qui se font sentir maintenant. Il faut activer et maîtriser la mécanique du squelette et des tendons, concentrer sa force et sa résolution pour faire face aux risques et aux épreuves. La volonté intervient de manière de plus en plus consciente dans les élans et les sauts pour arriver à maîtriser avec dynamisme le balancement entre le sentiment d’espace et celui de la pesanteur.
Dans les classes supérieures, l’athlétisme, la gymnastique, les jeux de ballon et la course, comme les exercices aux agrès classiques, ont tous pour but de permettre au jeune d’arriver petit à petit à une harmonie consciente entre la pesanteur et la légèreté, et entre ses propres objectifs et ceux posés à l’ensemble d’une classe. Dans cette matière le seul fait que garçons et filles se trouvent réunis dans les classes incite à différencier les objectifs permettant une individualisation qui aura une importance croissante. Si l’enseignement du sport est structuré de cette façon, il permet aussi de développer l’estime pour les qualités des autres, l’attention face à leurs faiblesses et l’entraide. L’ensemble de tous constituant la société, tous étant des éléments sociaux. Si nous réussissons à conduire le jeune à ce qu’il recherche moins la victoire dans la compétition que la joie de voir arriver chacun à la limite de ses capacités, l’assurance dans le mouvement et dans l’espace, un renforcement sain de la volonté et du pouvoir de décision, un comportement social « fair-play » et attentif, alors un but essentiel de cet enseignement est atteint.
Un ancien élève de Bothmer a décrit de manière vivante comment ces exercices peuvent être vécus : « Dans les classes supérieures, on pouvait ressentir la parenté de cet enseignement avec la géométrie. On sentait agir sur soi les forces de l’espace environnant et on répondait avec sa volonté par le mouvement. .. Une autre expérience était le vécu de la pesanteur dans le corps. Dès qu’on en avait pris conscience par l’exercice appelé « chute dans le point », on la surmontait par un mouvement d’enroulement et par un vif mouvement de ressort permettant à la force opposée de se concentrer. Tout cela avait pour effet nous réveiller et on se sentait sains et fortifié. Après le cours, on se sentait détendus réchauffés comme après une autre activité corporelle mais, surtout, le grand bénéfice était réveil intérieur à la résistance du corps. On toujours ce sentiment après un de ces cours gymnastique. Ainsi le comte Bothmer avait réussi à faire de la gymnastique un vrai rnoyen d’éducation : la formation du corps et l’éveil de la conscience ont toujours été liés dans ces exercices. » (Rudolf Braumiller).

Eduquer vers la liberté, la pédagogie de Rudolf Steiner dans le mouvement international des écoles Waldorf, Frans Carlgren avec Arne Klingborg, Les trois arches, Chatou, 1992, p. 81-82.