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Accompagnement théorique de l’exercice de la Marche consciente (L’enfant magique)

Pour l’accompagnement théorique de l’exercice, je vous propose deux sources
- un document explicatif que j’avais rédigé en son temps (il y a plusieurs décennies !) pour des puéricultrices ;
- un document plus récent, qui comporte des avancées toutes récentes issues notamment de recherches sur la maladie d’Halzeimer.
(repris ici)

Visuel interne :

Quand je vous ai demandé de fermer les yeux, tout le monde a vu quelque chose, à l’intérieur. C’est une capacité que nous avons héritée les petits mammifères dont le cerveau limbique qu’ils ont développé a créé la capacité de se faire des images mentales.
D’après le Docteur Lerminiaux, cette capacité s’est développée à l’âge des mammouths quand les petits mammifères, pour survivre, ont dû vivre soit sous terre, soit la nuit. Cette vision intérieure nous permet de rêver et l’on sait que les chats, par exemple, rêvent…
En visuel interne construit, vous pouvez peut-être imaginer votre maison peinte en rouge vif…

En auditif interne,

vous pouvez vous rappeler le bruit de la porte d’entrée de votre maison, de la sonnerie de votre réveil ou la voix d’un de vos proche.
Et imaginer, en auditif interne construit, le bruit qu’il y aura dans votre salle à manger à l’heure du repas. Vous pouvez aussi vous imaginer le bruit que ferait un éléphant enrhumé, ou la voix de votre meilleur ami s’il se met très en colère.
Vous pouvez vous rappeler maintenant les sensations corporelles que vous avez eues quand vous vous êtes levé ce matin, les odeurs et le goût de votre petit déjeuner…
Il y a aussi le kinesthésique secondaire, les émotions, construites par chacun à sa manière propre. Chacun a peur d’une façon qui lui est personnelle (l’estomac contracté, une sensation de froid dans la nuque, la respiration courte ou une oppression dans la poitrine…).
Si on associe volontairement une de ces caractéristiques sensorielles à des contenus qu’on souhaite mémoriser, on aura des conglomérats associés, qui permettront des entrées diversifiées dans les contenus à se rappeler, ce qui facilitera l’accès au contenu mémorisé, coloré d’une façon personnelle, ce qu’on appelle un “ancrage” en PNL et permet de véritable performances mémorielles.

Puisque rien n’entre dans le cerveau comme connaissance, comme construction intellectuelle qui ne soit passé par les 5 sens et le mouvement (le « sensori-moteur »), donc par le corps, tout cela sert à penser et développe l’intelligence et la créativité. Si on utilise un plus grand éventail de sens différents, ou de « sous-modalités » sensorielles, on multiplie ses possibilités de connexions dans son cerveau.

ucoup d’importance.

L’objectif principal d’un exercice comme “la marche consciente” est de faire prendre conscience des limites entre la zone d’exploration et la zone interdite.
Je présente en effet le contexte d’une activité comme divisée en trois parties bien distinctes : le domaine du “connu”, là où on a l’habitude d’être, où on éprouve du confort et de la sécurité ; le domaine de l’inconnu à explorer, là où on a envie de découvrir des choses nouvelles, c’est le domaine de l’apprentissage, de l’expérience à tenter, de l’effort sportif pour se dépasser, de la manipulation exploratoire, des essais et erreurs dans la création et l’apprentissage d’un nouveau tour de main ou d’une nouvelle façon de faire… Et puis, il y a, au delà de ces deux aires dynamiquement en relation, avec des va et vient entre le connu et l’inconnu, une zone interdite, que j’appelle ainsi parce qu’il n’est pas bon d’y aller, ou qu’on n’y est pas prêt : trop inconnu, trop insécurisant, trop transgressif, trop exposé au danger, trop loin de mes convictions et de mes habitudes…
J’ai développé ailleurs l’intérêt de ce modèle pour la gestion de la classe, et comme argument pour une individualisation des apprentissages.
Ici, l’important est de percevoir - de développer sa capacité fine de percevoir - la limite propre à chacun entre la zone d’exploration - là où les apprentissages peuvent se faire en toute sérénité - et la zone interdite,- là où il y a trop de stress pour que les apprentissages puissent se produire solidement.

Comment vous sentez-vous, comment savez-vous que vous arrivez à la limite de votre zone de stress ? chacun a ses points de repères. Les connaître, retrouver les signes sensoriels, c’est une bonne manière de se protéger de l’échec, de l’accident - par “inadvertance” - de la maladie, de l’escalade dans l’agitation ou du repli dans la passivité et la déprime (le burn-out, dira-t-on pour faire moderne). Savoir qu’à tel ou tel moment, j’arrive dans une zone interdite, qu’il est temps que je m’arrête, que je n’aille pas au delà, là où je ne veux pas aller. (1) « Cette personne, je ne veux plus la voir parce qu’elle « me donne des boutons » ! Tenir compte de qui vous êtes, de vos besoins, de vos limites pour vous maintenir en bonne santé.
(1) ou peut-être, plus communément, là où une partie de moi “veut” aller, sous la pression d’une pulsion intérieure(les “il faut”, les “je dois”, “je ne peux pas ne pas…”) ou d’une consigne extérieure, explicite ou plus souvent implicite, cachée, alors qu’une autre partie de moi - que j’ai intérêt à écouter - m’avertit qu’il ne faut pas que j’aille.

Très souvent, l’audace est un combat entre la volonté et le lâcher-prise. Ici, il s’agit de juger si la meilleure solution est d’avancer ou de se terrer, (le figt-flight) cf Henri Laborit, et pour cela, il n’y a pas meilleurs guides que les messages sensoriels, et pire guide que la pensée rationnelles, ou idéologique.

Combien de militants se sont plantés, ou détruit physiquement, faute d’avoir écouté leurs sensations, les messages de leur corps et de leurs sens, leur intuition ? Et combien d’énergie et de talents ont été perdu, faute d’une suffisante confiance dans les indices confirmant qu’on avait les moyens, l’encadrement et la sécurité suffisante pour se lancer ?
Car il y a un autre gaspillage de talent dans le fait de ne pas oser se lancer faute d’avoir suffisamment confiance dans sa capacité à percevoir le moment où il sera nécessaire de s’arrêter. Je n’y vais pas parce que je ne sais pas si je pourrai revenir (j’ai connus cela au début de l’informatique, “je ne m’avance pas faute de savoir comment je vais pouvoir sortir, revenir en arrière”. Cela était dû parfois au système, aux programmes mal conçus, mais parfois aussi à l’absence d’indices - dans ce monde inconnu pauvre en informations sensorielles - me permettant d’évaluer où j’en étais, pouvant encore avancer ou déjà allé trop loin. C’était plus facile en vélo, là où j’avais à ma disposition toute une panoplie d’information et d’indices multi-sensoriels.
En définitive, dans nos relations aussi, il est essentiel de prendre d’abord le temps de vérifier où on en est pour soi-même, car l’important est d’être d’abord conscient qu’il y a un problème, qu’on se sent mal quand on approche de telle personne. Si on n’en est pas conscient, on ne peut rien faire de solide. Ensuite on aura la possibilité d’entrer en contact. Donc, d’abord prendre conscience. Ensuite, on peut commencer à gérer ce qui se passe.


Cf les trois zones

Voici l’exercice animé en classe.

On constitue des paires, au hasard. La moitié de la classe, disons les B, est alignée dos au mur. l’autre moitié, disons les A est éloignée de plusieurs mètres. La consigne est qu’ils s’approchent lentement de leur compère B en étant attentif à la fois à ce qu’ils ressentent corporellement et émotionnellement, et à ce qu’ils perçoivent comme signes indicatifs de ce que le ou la partenaire ressent. Ils doivent respecter ces signaux et s’arrêter avant d’aller au delà de la limite. Parfois, c’est aller jusqu’à toucher l’autre, parfois c’est une distance de plusieurs mètres. On recommence l’exercice en changeant de partenaire, en mélangeant garçons et filles, en fermant les yeux, ce qui suppose une grande attention aux autres sens que la vue. Cette sensibilité peut se développer avec l’exercice.

L’essentiel est d’apprendre le respect de l’autre, le respect de la distance de confort, le respect des signes non verbaux envoyés par l’autre et le respect de sa propre sécurité et de ses propres indicateurs de malaise.
La deuxième partie de l’exercice est essentielle : après un partage avec son partenaire, on en parle tous ensemble. La relation garçons-filles est au coeur des constatations, mais aussi les différences entre les uns et les autres. Les différences culturelles sautent aux yeux. Tout ne s’exprime pas, il y a des interdits en jeu.
L’enseignant doit être lui-même à l’aise avec l’exercice. Il peut même aussi participer, ce qui change complètement la donne.
Ce n’est pas de l’amusement. L’important est de “jouer” avec un clavier de sensations, mais c’est un jeu sérieux. On ne joue pas aux apprentis sorciers.
Comme dans toute implication sensorielle - ici les sens à courte portée, que sont le toucher, le goût et l’odorat - par opposition aux sens à longue portée, la vue et l’ouïe, privilégiés dans l’éducation et dans nos relations en Occident, et qui permettent de mettre ou de garder à distance -, il peut y avoir des véçus douloureux qu’il faut pouvoir prendre en charge et gérer.
Mais en général, ces exercices libèrent beaucoup d’énergie et - je les ai pratiqués en fin de scolarité primaire - beaucoup de plaisir et de partage au sein d’un groupe.